Les jardins de Calude

19 novembre 2020

DANS MON CORPS

 

 

 

cailloux

 

Dans mon corps il y a mon cœur
Dans mon cœur il y a mes artères
dans mes artères il y a mes veines
dans mes veines il y a mon sang
dans mon sang il y a des gouttes
dans ces gouttes il y a la vie
dans ma vie il y a l’amour.

Dans cet amour il y a la joie
et dans la joie , il y  a le rire.

Le rire tua la joie
la joie tua l’amour
l’ amour tua la vie
la vie perdit ses gouttes
qui perdirent leur sang
mon sang quitta mes veines
mes veines mes artères
mes artères mon cœur.


Mon cœur sans ses repères
périt aux croisées de mon corps.

CLOCLO, 19/11/2020

(à la manière de Paul Eluard dans Dans Paris)

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29 septembre 2020

OUVERTURE FACILE

S'il est un exercice des plus périlleux au monde, c'est bien celui de déboucher une bouteille. Encore hier, et je ne mens pas, j'étais chez une amie que ne boit que de l'eau, j'avais apporté une bouteille de vin pour être sûre que mon repas ne serait pas gâché par cette cruelle absence, mais en fouillant tous ses tiroirs, pas de tire-bouchon, c'est un objet inutile pour elle. Je me souviens tout-à-coup que je dois avoir dans mon sac un canif multi-usages, eh oui, j'en avais un, mon repas et surtout l'ambiance étaient pour cette fois sauvés...

 

Car quid de l'ambiance quand on ne boit que de l'eau ? Les concepteurs de cet instrument l'ont bien compris de leur côté, il n'y a, n'est-ce pas, que les objets (et les êtres) de valeur (que dis-je, de saveur) qui méritent qu'on se donne du mal pour les conquérir ! Aurait-t-on l'idée de fermer les bouteilles d'eau avec des bouchons en liège qui demanderaient tant d'effort ? L'époque actuelle est à la simplification, à la facilité, à la rapidité de mouvements qui sont précieux et qu'on ne doit pas gâcher par des efforts inutiles. L'indication Ouverture facile est un piège, un leurre, que dis-je une escroquerie. Elle s'étend à présent à des tas d'articles qui souvent, malgré l'avis imprimé en gras sur l'étiquette placée là pour rassurer le client, résiste souvent et définitivement à leurs efforts, efforts d'autant plus grands que le sujet est âgé.

 

S'il vous plaît, messieurs les concepteurs, inventez des objets faciles à ouvrir, à refermer, ne m'obligez plus à aller chercher mon voisin ex champion de bodybuilding pour ouvrir ma bouteille ! Je sais, vous allez me dire qu'il est pourtant  beau gosse, mais comment s'attarder chez lui quand cinq amies (tout aussi nulles que moi) m'attendent pour déboucher le précieux breuvage et arroser le fameux anniversaire du mois de mars que l'on fête seulement aujourd'hui. Il paraît qu'il y a un musée du tire-bouchon dans le midi. Je serais curieuse de le connaître, comme tous ces objets si utiles et que, hélas, nous, faibles femmes, ne sauront jamais utiliser  !

 

Pour Miletune, septembre 2020

 

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23 août 2020

TRUCS ET ASTUCES

 

MONSIEUR,

 

Si vous voulez garder votre femme
faites-lui des compliments toute la journée
dites-lui qu’elle est bien coiffée
que sa tenue lui va comme un gant
qu’elle a encore rajeuni
que sa conversation vous enchante
que sa compagnie vous ravit
que son absence vous pèse
que ses qualités de mère sont admirables
que sa patience n’a pas de limites
qu’elle est la femme de votre vie
qu’elle a toutes les qualités du monde
qu’elle sait être à votre écoute
satisfaire vos moindres besoins
comprendre vos problèmes au travail
accepter même de recevoir votre secrétaire.

 

MADAME,

 

Si vous voulez garder votre mari
faites-lui juste de bons petits plats
matin, midi et soir
bien goûteux, bien mijotés
et en quantité suffisante.
C’est tout !

 

(pour miletune, 22 août 2020)

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22 août 2020

SYMBIOSE

 

 

champs-de-ble

 

 

Je ne dors pas,
même si je rêve à vous deviner,
faunes enfouies dans le  frais matin
d’un mois de juillet timide et tranquille,
qui halète en secret, retient sa voix,
son souffle en ses gestes furtifs,
ses marches souterraines
et ses aériens battements.

Où êtes-vous donc ?
Sans doute là où l'on ne vous attend pas !
En haut, en bas, au loin, derrière,
où tout se frôle,
s’effleure et se caresse
sans jamais se heurter.

C’est la symbiose quasi parfaite entre des êtres
invisibles mais aisément identifiables,
le gigantesque pouvoir de l’infiniment petit
sur cette pauvre espèce humaine
que l’on nomme à tort supérieure.

Tout s’inverse, tout se distille
tout retourne à l’humilité première
dans un souci d’égalité.


Chacun poursuit sa route,
chacun apprend à se respecter ;
et le jour suit dignement sa course
dans la moiteur calme et mouvante des grands blés.

cloclo

 

 

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21 juillet 2020

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LA PERLE RARE

 

Ce n’était pas un’ perle rare
il y en avait beaucoup comme elle
oui y en avait bien des milliards
mais n’en était pas de plus belles…

Ce n’était pas une perle fine
ni un bijou vraiment précieux
y en avait tant comm’ sa bobine
mais je n’ai jamais trouvé mieux…

Dire qu’elle était un peu rond’lette
ne serait pas lui faire injure
sûr qu’elle était plutôt coquette
et f’sait honneur à sa parure !

N’était pas non plus paresseuse
savait vite reprendr’ le collier
craignait pas l’ travail à la chaîne
et bossait comme un joaillier…

elle n’était pas non plus volage
elle savait bien tenir son rang
car jamais elle ne fit naufrage
au fond d‘un’ rivière de diamants…

C’était un’ perle de culture
qui pouvait vous en remontrer !
Un jour que j’étais en voiture
je la perdis  dans un fossé…

Depuis je cherche la perle rare
qui pourrait bien la remplacer
mais je sais bien qu’il est trop tard
alors, je pars…la retrouver !

cloclo, 20/07.2020

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19 juillet 2020

IL FAUT VIVRE

 

Poppies

IL FAUT VIVRE


Il faut vivre, l'azur au-dessus comme un glaive
Prêt à trancher le fil qui nous retient debout
Il faut vivre partout, dans la boue et le rêve
En aimant à la fois et le rêve et la boue
Il faut se déplacer d'adorer ce qui passe
Un film à la télé, un regard dans la cour
Un cœur fragile et nu sous une carapace
Une allure de fille éphémère qui court
Je veux la chair joyeuse et qui lit tous les livres
Du poète au polar, de la Bible à Vermot
M'endormir presque à jeun et me réveiller ivre
Avoir le premier geste et pas le dernier mot
Étouffer d'émotion, de désir, de musique
Écouter le silence où Mozart, chante encore
Avoir une mémoire hypocrite, amnésique
Réfractaire aux regrets, indulgente aux remords

Il faut vivre, il faut peindre avec ou sans palette
Et sculpter dans le marbre effrayant du destin
Les ailes mortes du Moulin de la Galette
La robe de mariée où s'endort la putain

Il faut voir Dieu descendre une ruelle morne
En sifflotant un air de rancune et d'espoir
Et le diable rêver, en aiguisant ses cornes
Que la lumière prend sa source dans le noir
Football, amour, alcool, gloire, frissons, tendresse
Je prends tout pêle-mêle et je suis bien partout
Au milieu des dockers dont l'amarre est l'adresse
Dans la fête tzigane et le rire bantou
On n'a jamais le temps, le temps nous a, il traîne
Comme un fleuve de plaine aux méandres moqueurs
Mais on y trouve un lit et des chants de sirènes
Et un songe accroché au pas du remorqueur
Jamais ce qui éteint, jamais ce qui dégoûte
Toujours, toujours, toujours, ce qui fait avancer
Il faut boire ses jours, un à un, goutte à goutte
Et ne trouver de l'or que pour le dépenser
Qu'on s'appelle Suzanne, Henri, Serge ou que sais-je
Quidam évanescent, anonyme, paumé
Il faut croire au soleil en adorant la neige
Et chercher le plus-que-parfait du verbe aimer

Il faut vivre d'amour, d'amitié, de défaites
Donner à perte d'âme, éclater de passion
Pour que l'on puisse écrire à la fin de la fête :
Quelque chose a changé pendant que nous passions.

Claude Lemesle

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15 juillet 2020

Toujours la beauté des fleurs

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05 juillet 2020

Les reconnaîtrez-vous ? C'était il y a quelques décennies déjà  !

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04 juillet 2020

REVENANTE

Après des mois d'absence, je me fais un plaisir de revenir parmi vous. 
Je posterai de nouveaux textes et aussi quelques anciens pour vous prouver
que je n'ai pas été inactive pendans tout ce temps et aussi pour vous parler de mon nouveau livre,
qui paraîtra dans les semaines qui viennent. Avec toute mon amitié littéraire, en espérant que le déconfinement vous permettra de passer de bonnes vacances  et de retrouver ceux que vous n'avez pas vus depuis longtemps !

 

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06 juin 2019

AU DOUX BERCEAU DES MOTS

Les mots chatouillaient le fond de ma gorge, mais ne pouvaient pas sortir. Ils avaient dormi depuis trop longtemps, au réveil une méchante toux les avait ravalés d’un trait et un grand vide s’était installé tout autour. Le silence envahissait l’espace et mon corps semblait s’être dissous dans l’illusion des êtres qui croient exister et n’existent pas vraiment.

J’ai longtemps confondu pour ma part le geste et le mouvement jusqu’à ce que je m’aperçoive que si le mouvement est pour ainsi dire perpétuel, ne serait-ce que dans un clignement de paupière, un froncement de sourcils, le geste, lui, se manifeste dans la conscience profonde de soi, nécessite de ma part une volonté, une raison valable de bouger et d’agir.

Accompagnant cette idée, ma plume, avide de se déplacer sur la feuille, suivait calmement ma pensée en transformant son mouvement en mots, en phrases et en enchainements dictés par l’évidence du moment. Le geste était lent, réfléchi, parfois (souvent) hésitant, prenait son temps.. Puis les ratures venaient, comme un repentir d’une l’âme troublée par les dissonances, les imperfections, les évidentes disharmonies du poème en cours d’écriture. Là, le geste s’accélérait, s’impatientait, désolé de n’avoir pas trouvé d’emblée la bonne formule.

Le vers suit la pensée, le poème suit les idées, les mots s’enchaînent avec la fidélité et la rigueur d’une armée  partant à l’assaut du résultat final. Si la lutte entre le sens et l’harmonie est sans merci et sans doute nécessaire, mon petit cœur sensible, je l’avoue, s’anime plus souvent à la sonorité d’un vers, aux vibrations d’une ode, au doux bercement d’un sonnet, même si le message peut m’échapper, parfois. Et si mon poème constitue une invite, un pas, un geste motivé vers l’autre, je le souhaite non agressif, amical, comme une main tendue vers l’au-delà, et comme la nécessité absolue  de s’élever plus haut encore à la rencontre de l’infini pouvoir des mots.

poesie

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