Les jardins de Calude

03 avril 2017

PRINTEMPS

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Ainsi notre regard
jamais ne s’édulcore
quand le printemps revient
on s’extasie encore
sur la moindre brindille…

Ainsi la pâquerette,
la violette bien sage,
les blanches primevères
font à nouveau ménage
au secret des charmilles.

Le sieur magnolia
refait son fanfaron
tandis que le prunus
le nargue et lui répond
par  milliers de mots-fleurs.

Le jardin tout entier
flamboyant d’artifice
explose ses bouquets
au ciel comme une fête.

Alors que les oiseaux
légers comme des feuilles
sautillent en babillant
et gaiment nous accueillent.

Ainsi s’en vient le temps
ainsi s’en va la vie,
demain éclateront
d’inédites surprises
que nos yeux ébahis
découvriront, ravis.

A moins que le chagrin
ou mieux, l’ indifférence
ne nous tiennent à l’écart
de ces vertes romances,

de ce si doux printemps
qui donne envie de vivre,
et tournera  bientôt
d'autres pages d’un livre,
sans précipitation,
pour une aube annonçant
de prochaines saisons
emplies de ritournelles

comme lui, aussi belles…

 

cloclo, 2/04/2017

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07 mars 2017

La licorne

licorne

 

Une vieille licorne venue du fond des âges
qui remontait des ans après un long voyage,
rencontra par hasard un vieillard très myope,
tout surpris de croiser un être qui galope
aussi rapidement à cette heure du jour.
La licorne, polie, lui fait un grand bonjour,
le vieillard, ébloui par cette albe beauté,
jamais imaginée et  jamais rencontrée
l’interroge : seriez-vous un cheval, un poulain
ou tout autre équidé ? Je serais plus malin
et pourrais distinguer, si ma vue allait mieux,
le contour de vos formes, l’expression de vos yeux !
Mais l’âge m’a ravi le plus gros de la vue,
je n’ saurais désigner une espèce connue
en vous apercevant. La licorne répond :
je comprends votre doute, mais regardez mon front ,
qu’y voyez-vous  d’étrange, ou même d’insolite ?
Le vieillard réfléchit, et quelque peu  hésite,
il sent comme un mystère qui hante ces grands bois.
Un trouble l’envahit, comme ceux d’autrefois
quand sa vue était bonne, son corps plein de jeunesse.
Des forces inconnues, semblables à des caresses
le parcourent, l’enserrent et soudain le traversent.
La licorne, sereine, observe et ne dit rien,
consciente de la scène où se joue le destin
du pauvre miséreux qui tremble et qui frissonne
devant cette étrangère au doux nom de licorne.
La magie du moment, ces instants oniriques
lui font revoir soudain de sa vie la réplique,
le fil de son destin. Tout lui paraît plus clair :
les trésors de sa vie, les instants plus amers,
les regrets, les échecs, les désirs de mieux faire.
Il frôle en se haussant la base de la corne
parcourue des faisceaux qui baignent la licorne.
Poussant alors un  cri, l’unicorne s’incline,
en une offrande amie et quasiment divine
propose à son ami la chaleur de ses reins,
la blancheur de sa corne. Le vieillard s’y installe,
confiant et guéri à jamais de son mal.


Puis la vieille licorne opère un demi-tour
en laissant le vieillard dans un sommeil si lourd
qu’il ressemble à la mort. Et fière de son obole,
repart en trottinant au pays des symboles.

 

© Cloclo, 03/03/2017

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01 février 2017

L'ombre du souvenir

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Le monde est trop fuyant, l’univers insolite,
si les nuits sont sans fin, les jours, eux,  vont trop vite
ou tournent sur eux-mêmes ;  je ne sais que penser
de ces formes floutées qu’on ne sait reconnaitre
 mais qui hantent nos vies de leur pesant mal-être :
on aimerait y lire nos amours de jeunesse
nos amitiés passées, ces relents de tendresse
qui nous remuent le cœur et nous aident à tenir,
à diriger nos vies vers   un autre Avenir,
ces souvenirs émus que la nuit effiloche
ou ces peurs si tenaces qui dans la nuit s’accrochent,
vous tiennent à l’écart sans vous donner la clé.
Je resterais des heures à le voir repasser
cet indomptable esprit  qui bien souvent m’attire
et plus souvent m’inquiète, tandis que mes soupirs
au lieu de le chasser, lorsque le soir s’incruste
retiennent son pouvoir et à ma nuit s’ajustent…

 

Il  FAUT, pour mon repos, donner à son visage
un nom, un souvenir ou  un prénom d’usage
si je veux vivre enfin en paix avec moi-même
et oser avouer à quelqu’un que je l’aime.
Il me frôle, il repart, O ma traître mémoire,
soudain il me revient comme une longue histoire,
ce visage estompé, ce profil familier
d’une lointaine  enfance , et que j’ai tant aimé,
embué de mes larmes, taché de mes oublis,
orphelin de ces mots que je n’ai  pas écrits,
et que je n’ai pas dits, par ma timidité,
c’est celui de mon père, trop longtemps écarté.
Pour lui me soit offert  le don en quelque sorte
de raviver enfin  tant de natures mortes 
et de mon cœur ouvrir tardivement  la porte…

 Cloclo, pour Poudreurs, 31/01/2017

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12 décembre 2016

L'amour est bleu

Une petite chanson d'amour dès le matin, ça fait du bien...

 

mains

 

https://www.youtube.com/watch?v=EvskxqySB0A&feature=em-upload_owner

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17 août 2016

Mathilde, la libellule déprimée...

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HISTOIRE DE MATHILDE, LA LIBELLULE DÉPRIMÉE

 

Il était une fois une jeune libellule qui était née un 13 juillet dans un endroit ensoleillé et riant, aux abords d’une petite pièce d’eau des Vosges, peu profonde et entourée de grands arbres et de prés très verts, d’une dimension raisonnable, se situant approximativement entre la grande mare et le petit étang. Elle vivait heureuse entre sa maman, son papa et une ribambelle de frères et de sœurs qui ressemblaient soit à leur maman, soit à leur papa, mais tous étaient très gracieux quand ils faisaient vibrer leurs ailes d’un vert diaphane au-dessus de l’étang dont l’onde très claire leur permettait d’apercevoir parfois leur reflet avec une petite pointe d’orgueil somme toute très légitime.

Tout se passa bien jusqu’au jour où notre jeune libellule appelée Mathilde fut en âge d’aller à l’école. Jusque-là, elle était insouciante et n’avait de préoccupation que de dormir à l’ombre d’une fleur, de se nourrir en plein vol ou encore de faire des courses de vitesse avec ses petits frères au-dessus de l’étang. On était le premier septembre, c’était la rentrée et Mathilde n’échappait pas à la règle : il fallait aller à l’école des Libellules pour apprendre tout ce qu’une libellule doit savoir pour ne pas paraître inculte auprès de ses semblables.

Tout se passa bien au début. La maîtresse, un bel insecte entre deux âges, assez trapue mais élégante tout de même, au corselet ajusté et très près du corps, aux lunettes cerclées d’or, l’air sérieux mais accorte cependant, les accueillit à l’entrée de la classe. Ensuite, elle les fit asseoir en silence, ce qui fut difficile pour George, un gros élève vrombissant qui ne cessait de secouer ses ailes en ricanant. Quand le calme fut revenu, la maîtresse dit qu’elle allait leur en apprendre un peu plus sur leurs origines et les pria de copier ce qu’elle allait dire. Mathilde s’exécuta sans rechigner et ouvrit grand ses oreilles pour ne rien perdre de la leçon. Après tout, une libellule savante, c’est aussi bien qu’une petite écervelée qui ne pense qu’à jouer et se nourrir, ou voleter avec insouciance de fleur en fleur, pensa-t-elle.

La maîtresse leur enseigna en premier lieu que l’origine du mot Libellule venait du latin et qu’il signifiait balance à cause de la position des ailes au repos. C’était bien et amusant de savoir ça, pensa Mathilde. Mais lorsqu’elle apprit sans ménagement aucun qu’elle, mignonne libellule, éthérée, délicate et vaporeuse, appartenait à l’Ordre des Odonates anisoptères, un nuage de tristesse et de découragement passa devant ses prunelles déjà bien grises. Elle qui avait une âme de poète et s’inventait des chansons où le mot libellule avec quatre L (quatre ailes) revenait régulièrement dans ses rimes, ne put se résoudre à l’idée qu’un aussi vilain mot puisse désigner sa famille ! Leur famille à tous ! Ensuite, elle apprit avec effroi que les segments de son corps étaient composés de tergites, ou mieux de notum, mot également très laid. Des larmes se formèrent au bord de ses paupières, et elle eut bien du mal à les contenir. Elle ne dut son salut qu’à la myopie de Madame Delair qui interpelait pour la énième fois cet insupportable George, lequel, au lieu de s’intéresser à la leçon, dissipait toute la classe en imitant la voix du bourdon fébrile.

En revanche, le mot élytre lui plut bien, c’était un mot assez joli qui remplaçait avantageusement le mot ailes, trop courant et trop galvaudé, pensa-t-elle. Mais quand la maîtresse osa prétendre que les papas de leur famille étaient agressifs et défendaient ardemment leur territoire, elle se leva sans permission et prit un air indigné en expliquant à la maîtresse que son papa à elle était le meilleur des pères et qu’il ne s’était encore jamais battu avec aucun ennemi de son espèce, ni d’aucune autre espèce d’ailleurs. Madame Delair fit asseoir l’insolente qui avait osé la contrer et l’avertit qu’à la prochaine incartade, elle serait privée de la sortie prévue le lendemain au-dessus du sentier pédagogique qui leur permettrait de découvrir la faune et la flore des lieux. Puis elle reprit son cours de sa voix de libellule savante en s’appliquant à bien prononcer chaque mot et à avoir une diction claire et compréhensible par tous.

« Reprenons la leçon, dit Madame Delair d’un ton sévère, je vous parlais donc de l’abdomen de notre espèce, eh bien sachez que du fait qu’il est large et aplati notre nom savant est la libellule déprimée…Oui, je sais, cessez vos protestations, mais comprenez que le mot déprimé ne signifie pas, comme vous pourriez le croire…

Ce fut le coup de grâce. Tous les élèves se regardèrent avec des mines déconfites, certains versèrent quelques larmes, les plus sensibles éclatèrent en sanglots, et Mathilde, quant à elle, s’évanouit tout simplement, pour ne plus supporter le poids de cette nouvelle insupportable. Libellule déprimée, voilà pourquoi elle avait fait l’effort ce matin de se lever plus tôt que de coutume, de soigner sa toilette et son look, d’accélérer l’allure de son vol au risque de froisser ses jeunes ailes, et tout ceci pour apprendre, devinez quoi, qu’elle n’était qu’une simple et misérable libellule déprimée, qui serait, à coup sûr, moquée et vilipendée par ses cousines les grandes libellules au vol majestueux, à l’assurance et à l’aplomb égaux en toutes circonstances.

Quand la cloche sonna, tous se levèrent sans dire un mot, même George qui n’avait plus le cœur à imiter le moindre insecte, pas même le bruit de sa propre espèce et c’est le cœur bien lourd qu’ils regagnèrent leur domicile, aux quatre coins de l’étang. Arrivée à la maison, la maman de Mathilde s’aperçut, à la mine défaite de sa fille, que quelque chose n’allait pas. Mathilde lui raconta sa journée et la leçon de la maîtresse ainsi que le vilain nom que l’on donnait à leur espèce ! Et elle versa encore quelques larmes sincères tout en se blottissant sous l’aile protectrice de sa mère. Maman Libellule essuya les larmes de sa fille avec une feuille délicate cueillie sur la berge et lui fit cette révélation :

« Ma chère enfant, sèche tes larmes, ce que t’a dit Madame Delair, et c’est son droit, est inexact, ne lui en voulons pas, car elle n’est pas censée connaître tous les parents d’élèves, surtout en ce début d’année. Il faut que je t’apprenne que nous n’appartenons pas, ton père et moi, à cette vilaine espèce des libellules déprimées, mais à la famille des zygoptères (oui, ce nom est un peu barbare j’en conviens, mais assez drôle également), et tu seras complètement rassurée quand je te dirai qu’on nous surnomme tout simplement (hommes ou femmes de l’espèce) les demoiselles, oui, tu as bien entendu, les DEMOISELLES, voilà un surnom charmant, ne trouves-tu pas ? C’est pourquoi nous avons un corps plus grêle que les autres et que nos ailes se replient au repos. Sache aussi que nos larves ne s’appelle pas larves, mais prennent le joli nom de naïades. Cela te console-t-il au moins ?

Enfin, et tout va s’éclaircir pour toi à présent, l’étang où nous vivons ton père et moi depuis notre mariage dans ce joli coin des Vosges s’appelle La Demoiselle, comprends-tu maintenant d’où vient l’origine de ce nom ? C’est NOUS qui lui avons donné notre nom, n’est-ce pas le plus grand des honneurs rendu à notre espèce ? »

Mathilde pleurait, mais de joie cette fois. Elle se promit d’en avertir dès demain la maîtresse et de la prier de rectifier ce point erroné de la leçon afin que plus personne n’emploie à son endroit et à celui de toute sa famille ce vilain mot de libellule déprimée.

Puis, l’âme et l’élytre légers, elle regagna sa chambre pour aller écrire un nouveau poème qui serait sans doute le plus beau qu’elle ait jamais écrit.

 

FIN

 

Cloclo, en souvenir d'une belle journée (16 août) dans les Vosges où nous avons appris l'existence, sur cet étang, de la "libellule déprimée".

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10 août 2016

Le baiser Carglass

 

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Le baiser Carglass est un baiser qui s’échange en principe entre personnes âgées de plus de 50 ans. Mais, d’une manière plus générale, à tous les partenaires dotés d’une vue basse et désireux d’échanger des marques d’affection soit sur la joue, soit sur la bouche, soit ailleurs sur le visage.


Dans tous les cas de figure, la manœuvre reste dangereuse, à partir du moment ou l’un des deux (mais surtout les deux réunis) ont décidé de garder sur leurs yeux l’objet qui leur permet d’identifier la personne à qui ce baiser est destiné.  Une erreur de partenaire pourrait en effet avoir de fâcheuses conséquences. Il est déjà arrivé à certains, ayant retiré leurs lunettes pour avoir l’air plus jeunes, d’embrasser leur patron ou un parfait inconnu passant à leur portée. Certains pourraient le prendre bien, surtout si la personne a un aspect jovial et attirant, mais tel n’est pas toujours le cas. Cette manœuvre est fortement déconseillée dans les cocktails VIP ou tout autre endroit où la bonne tenue est de rigueur.

L’accident de baiser se produit souvent lorsque les deux partenaires, abandonnés à leurs instincts primaires et à des élans passionnels non contrôlés se livrent à de brusques  manœuvres sans se préoccuper des conséquences qui vont en découler. Le choc est généralement brutal, un ou deux verres et même plus peuvent être touchés dans ce cas, et c’est là que l’ami Carglass section « baiser » va pouvoir intervenir.

Conseils utiles : ne paniquez pas, ne quittez pas la pièce ou le lieu de l’accident, n’embrassez plus votre partenaire, retirez vos lunettes.

Mettez à profit le temps d‘attente de  Carglass « baiser » pour vous demander si vous avez VRAIMENT fait le bon choix et si votre partenaire (attitré ou occasionnel) n’a pas en lui un fond de violence congénitale.

Conditions de remboursement de l’assurance

 1. La déclaration doit internevir dans l'heure qui suit le sinistre. Trop de partenaires se défilent dans ces situations, notamment ceux dont les verres n'ont pas été touchés.

 2. Lorsque au moins un des verres de chaque partenaire  a été endommagé, la responsabilité est partagée entre les deux sinistrés et est prononcée aux torts réciproques car il est impossible de prouver qui des deux a agi le premier.

3. Si l’un des deux partenaires déclare qu’il a été embrassé de force par l’autre, il faudra en apporter la preuve et le faire attester par un homme de loi assermenté puis envoyer le dit-document en trois exemplaires dans le mois qui a suivi l’accident. Si l’accident se produit en été ( Les statistiques prouvent en effet que l’accident de baiser intervient pour 80% entre juin et septembre et pour  20% le reste de l’année), le délai sera prolongé de 2 mois.

 4. Clause restrictive. Si un second accident de baiser se produit entre des partenaires identiques, sachez que l’assurance ne fonctionnera plus une deuxième fois, c’est à vous de prendre les mesures qui s’imposent dans ce cas-là. L’assurance n’est pas responsable de vos mauvais choix et de vos erreurs de discernement.

 5. Rappel. Pour des raisons évidentes, l’assurance ne rembourse que les lunettes de vue, pas les lunettes de soleil.

Nous vous souhaitons une bonne journée et vous rappelons que l’ami Carglass est à votre service 24h/24 et intervient à toute heure du jour et de la nuit et en tous lieux, même les plus insolites.

 

L’équipe Carglass « baiser ».

 

© cloclo, Août 2016

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20 juillet 2016

Tante et mère

 

Un de mes délires mis en musique par mon interprète attitré. Il faut bien rire un peu , surtout par ce beau temps...

 

http://lespoetes.net/plpoeme.php?id=5934

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18 juillet 2016

L'été

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Salut, O ciel habillé des bleus de la nature
Fleurettes souriant sur les gazons taillés,
salut, beaux jours d’été ! Les noces les plus pures
allient mon cœur aux chants de cette matinée.

Je suis de ma fenêtre l’éveil de l’éphémère,
scrutant le moindre bruit, épiant le moindre pas,
le soleil ralenti par le bois des clairières
entre dans le jardin en bribes et éclats.

Oui, en ces jours d'été où la nature explose,
devant tant de merveilles, mon âme s’éternise,
je pense à mes amours, et à toutes ces roses
bien que nées au printemps, fleurissent à leur guise,

car la beauté, je crois, est de loin éternelle,
il suffit, pour cela, de bien l’entretenir,
la choyer, l’enrichir pour la rendre plus belle
et formuler pour elle des projets d’avenir.

Roses, muguet, lilas, tout prospère au jardin,
vos senteurs sont le fruit des unions idéales,
les essences s’allient et se donnent la main
pour céder tour à tour la place à leurs rivales.

J’aimerais prolonger ces doux moments d’été
et ne pas m’inquiéter du souffle des tempêtes
ni des nuages lourds qui viendraient encombrer
le ciel immaculé au-dessus de nos têtes.

Pourquoi fuir l’avenir ? Il n’est pas de saison
qui ne donne à chacun sa part de grand bonheur,
l’été a ses splendeurs, l’automne a ses raisons
et l’hiver saura bien justifier ses candeurs…

Un pétale a donné sa vie pour un zéphyr,
un dalhia va renaître, ou peut-être un œillet,
nous naissons, nous mourons, ne craignons pas le pire
et saluons très haut ce beau jour de juillet…

 

Cloclo, 17/07/2016

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14 juin 2016

Les saisons du coeur

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Le beau temps, cette année,
a perdu la raison,
sorti ses parapluies,
rentré ses chaises longues,
et inondé ses rues
des sanglots de la nue.


Échange sur un banc
d‘un pluvieux mois de mai
contre un juillet brûlant,
l’oiseau-passion échappe
au vol d’un vent glacé,
c’est la vie qui secoue
ses torrides frissons,
le printemps qui balance
l’écart de ses extrêmes,
le Destin qui se joue
à brouiller les saisons…


Et le cœur qui s’écrit
en degrés de « je t’aime»
chauds - froids aux imprévus
des étés qui s’affolent,
hôtes indésirables
des banquets de l’Amour
qui brûlent les saisons
et noient les sentiments


dans le creux d’une main
où tremblent quelques larmes.

 

Cloclo, 13/06/2016

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09 mai 2016

Y A UN LÉZARD

lézard

Je viens de manger
avec appétit et  gourmandise,
ma tarte aux pommes,
en y ajoutant un peu de cassonade,
c’est mon côté sucré.
Je l’ai dégustée au soleil, double plaisir,
entourée du sourire fendu des tulipes
et des ricanements sarcastiques des lézards.

Vous allez me dire,
(et vous aurez sans doute raison) :
mais les lézards ne ricanent pas !
Si, mais ils le font en silence,
il n’y a que les initiés comme moi
qui peuvent les entendre.
Mon amie me dit que lorsqu’ils ricanent,
ils ont sans doute la bouche fendue
avec un petit air à se foutre des gens,
mais moi, je les ai bien observés :

les lézards, quand ils ricanent,
plissent les yeux et tirent la langue,
c’est bien connu, parfois ils lèvent la queue en même temps,
mais uniquement les mâles.
Quelques rares  femelles se contentent de les admirer,
la plupart  les ignorent totalement et vont se bronzer
sur des pierres éloignées, pour échapper à ce triste spectacle.
Les petits gambadent joyeusement tout autour,
sans se soucier des drames qui se trament à deux pas
(deux pas de lézard, ce qui fait vraiment très proche)
Les lézards sont des cossards et des incapables,
ils ne sont même pas fichus de prendre une bêche
pour bêcher et nettoyer mon massif.
Pourtant ils en profitent le jour,
à lézarder sur les pierres
et la nuit à pioncer en dessous
et tout ça à l’oeil
et à mon nez et à ma barbe !
Je sens que je vais leur envoyer bientôt leur préavis.
Y en a marre de ces profiteurs , lol,

faut pas abuser non plus,
ma patience a des limites,
non mais des fois !

 

© cloclo, mai 2016

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