placeaupoème

 

Mes vers ont quatre pieds
mon verre, lui, n’en a qu’un,
dans l’un d’eux je m’enivre,
dans l’autre me délivre
d’un quatrain réticent
aux douloureux accents.

Dans l’un je m’allitère,
l’autre me désaltère
au rythme des césures
nées des lentes blessures
de mes enivrements…

Par trop d’enjambements
et de pauses soudaines,
je ne prends de Verlaine
que les égarements…

Perdus dans les délires
de mes stances lyriques
mes beaux vers alcooliques
raccourcis en distiques
ne veulent plus rien dire…

J’oublie mes diérèses,
confonds bémols et dièses
et mon chant pathétique
s’enraye à l’hémistiche.

Je perds mes acrostiches,
toutes mes rimes riches
se changent sur le champ
en vers de mendiant.

Mon verre avec son pied
ne rime plus à grand-chose,
mes vers sans leurs rejets
sont devenus moroses.

Je vais cesser de boire
pour retrouver la gloire,
je vais reprendre en flèche
mes rimes emperières,
tous mes sonnets d'hier
pour retrouver la pêche
et césure à mon pied.

Un poème à deux pieds,
ça coupe moins les jambes,
après tout faut y croire,
il suffira peut-être
à mon humble bien-être,
et comm’ dit mon tailleur 
qu’est poète à ses heures,
ça vous f’ra un’ belle iambe !

 

Cloclo, 27/03/2017