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Au fond de ma poche, il n’y a jamais rien. Y déposer la moindre chose déforme les vêtements, comme le font mouchoirs, trousseaux de clés, objets divers lourds et encombrants, porte-monnaie, pochettes en tous genres, calepins, agendas, mémentos, et autres pense-bête qui sont souvent l’apanage des Messieurs, ces derniers se souciant peu de leur look ou de leur apparence. Parfois ce sont aussi des objets de valeur qu’on y dépose tels que bijoux, montres, portables, que sais-je encore. Sans compter que si le manteau est un peu vieux, usagé, fatigué par le poids des ans, une déchirure, un trou en formation peuvent avoir raison de l’objet déposé là par imprudence. Qui d’entre nous n’a pas, au moins une fois dans sa vie, payé une heure de parking au prix de la journée à la suite de la perte d’un malheureux ticket, résultat : 30 euros de perdus, deux heures de gâchées et une belle engueulade de votre conjoint qui, pour une fois, vous avait fait confiance en vous glissant le précieux ticket… dans la poche. Moi, ça va, je suis célibataire, ce genre de chose ne m’arrivera pas. Ouf !

Au fond de ma poche, il n’y a jamais rien. Si, parfois, il y a mes mains. Je les y enfile quand le fond de l’air est frais, quand le vent souffle du nord et que mes gants sont restés chez moi. Pourtant je les avais bien préparés comme d’habitude et au dernier moment, paf, un coup de fil et voilà, ils sont restés sur la commode de l’entrée. A attendre l’heure de leur prochaine sortie.

J’ai dit que j’étais célibataire, mais cela ne m’interdit pas les rencontres. Malheureusement, je ne trouve jamais chaussure à mon pied. Trop difficile ? La peur de faire un mauvais choix ? La crainte de perdre ma liberté et ma belle indépendance ? Peut-être tout cela réuni. Quand je suis attirée par un garçon, c’est lui qui se détourne de moi et l’inverse peut se produire aussi, mais plus rarement. Bon, je vais vous faire une confidence, parce que je sais que vous ne le répèterez pas. Depuis quelques temps, je suis amoureuse en secret de Fabrice, le bras droit de Monsieur Chauvet, le grand patron de la cellule Informatique. C’est un beau brun à moustache et aux cheveux ondulés dont le regard de braise me fait craquer à chacune de nos rencontres. On se croise devant l‘appareil à café, au sous-sol. On se jauge, on se calcule, je lui fais un vague sourire, pour ne pas trop le mettre sur la voie, et lui me dit trois mots en sirotant son potage. Mon cœur bat très fort, mes joues s’empourprent, mais je pense qu’il ne se doute de rien. Tant mieux.

17 heures, c’est l’heure de quitter le travail. Je range mon bureau, récupère mes affaires, mon attaché-case, mon sac à main, ferme mon bureau à clé. Je ne voudrais pas qu’on fouille dans mes affaires et que l’on y trouve le petit journal que je tiens quotidiennement. Sur ma vie, mon travail, tous ces petits riens qui jalonnent chaque journée. J’enfile mon manteau et descends les escaliers  quatre à quatre. Je suis pressée, car ce soir, une partie de ma famille vient me rendre visite. Je leur ai préparé un petit apéritif et dois passer chercher quelques douceurs à la boulangerie.

 

L’air est toujours aussi frais, je frissonne, on ne doit pas être loin des 0 degrés. Je plonge ma main libre dans ma poche et je sens quelque chose sous mes doigts. Un papier oublié, une liste de courses ? Il fait nuit, je ne peux en lire le contenu. Ce n’est qu’en arrivant que je déchiffre le message, écrit d’une écriture serrée qui m’est totalement inconnue : Corinne, depuis le temps que nous nous rencontrons à la cafèt, ne pourrions-nous nous voir en dehors pour faire plus ample connaissance ? J’attends fébrile votre réponse. Fabrice.

Cette fois, je tremble de tous mes membres et ce n’est plus de froid.


cloclo, 13/12/2017